Toulouse. L’E-Fan d’Airbus, premier avion électrique à avoir traversé la Manche

L'E-Fan d'Airbus, premier avion électrique à avoir traversé la Manche

Airbus – Aéronautique

Le pilote, Didier Esteyne, a réussi son pari : traverser la Manche dans son E-Fan./Photo AFP

Le pilote, Didier Esteyne, a réussi son pari : traverser la Manche dans son E-Fan./Photo AFP


C'est une première dans la longue histoire de l'aviation, un exploit technologique. Piloté par Didier Esteyne, l'avion électrique d'Airbus, baptisé E-Fan, a survolé la manche hier pendant 36 minutes, uniquement alimenté par un moteur électrique.

«Nous sommes des pionniers. C'est un pari gagné pour nous» s'est félicité hier Emmanuel Joubert, responsable de la mission E-Fan. Après l'avion solaire, c'est au tour de l'avion électrique d'entrer dans l'histoire ! Baptisé E-Fan, le petit bimoteur électrique signé Airbus a traversé la Manche hier, 106 ans après la première traversée par l'aviateur Louis Blériot en 1909.

Parti de Lyyd dans le sud-est de l'Angleterre le minuscule avion a atterri à l'aéroport de Calais-Dunkerque après 36 minutes de vol. «Fabriquer et faire voler un avion comme celui-ci» était «un rêve de gosse», a déclaré le pilote, Didier Esteyne à son arrivée.

«Cette machine va nous permettre de régler le problème du bruit à l'entraînement, et elle nous permet aussi de faire un pas dans la maîtrise des gaz à effet de serre. Ce sont les deux problèmes environnementaux de l'aviation. De ce point de vue-là, ce jour est un jour de tournant symbolique», a commenté Patrick Gandil, directeur général de la Direction générale de l'aviation civile, saluant un «exploit industriel».

Présenté pour la première fois en juin 2013 au salon aéronautique du Bourget, l'appareil est un prototype d'avion biplace à propulsion électrique, développé par Voltair, filiale d'Airbus Group, et soutenu par le gouvernement dans le cadre du programme «Nouvelle France Industrielle» dévoilé en septembre 2013.

L'appareil, qui avait déjà effectué une centaine de vols depuis avril 2014, pèse 600 kg, pour une longueur de 6,7 m et une envergure de 9,5 m. Il dispose de deux moteurs alimentés par des batteries qui lui permettent de voler à 160 km/h en vitesse de croisière et jusqu'à 220 km/h en pointe.

Avec une autonomie d'environ 45 minutes, l'appareil est particulièrement adapté à la formation des pilotes, au remorquage des planeurs et à la voltige, selon Airbus, qui prévoit de commercialiser à partir de fin 2017 une version E-Fan 2.0, pourvue de deux sièges attenants.

En 40 et 80 unités par an

L'avionneur table sur une production annuelle de dix avions au départ et compte sur une forte demande pour augmenter la cadence entre 40 et 80 unités par an. Quelque 21 000 avions-écoles seront en effet nécessaires dans le monde d'ici 20 ans, pour former 650 000 nouveaux pilotes professionnels.

Une version E-Fan 4.0, d'une capacité de quatre sièges, est en outre prévue pour 2019, en attendant peut-être d'autres appareils plus grands encore. Selon le patron d'Airbus Group, Thomas Enders, «d'ici 20 à 30 ans, on pourra au moins faire voler des avions régionaux avec environ 60 passagers à bord au moyen d'une propulsion hybride électrique».

La Dépêche du Midi

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