Toulouse. Ces Toulousains sont les sauveurs des abeilles

Ces Toulousains sont les sauveurs des abeilles

Sciences / High tech – Sciences

Brice Enjalbert et son équipe de onze jeunes chercheurs vont passer un été très studieux./Photo DDM T. Bordas

Brice Enjalbert et son équipe de onze jeunes chercheurs vont passer un été très studieux./Photo DDM T. Bordas


En Septembre, onze jeunes chercheurs toulousains présenteront au concours IGEM de Boston une bactérie modifiée qui piége le varroa, un parasite mortel des abeilles.

Le projet que vous présenterez en septembre au concours IGEM de Boston s'appelle Apicoli. Qu'est-ce que cela signifie ?

Brice Enjalbert : Api c'est la racine latine du nom abeilles et Coli est le nom de la bactérie l'Escherischia coli, que nous allons modifier pour lutter contre le varroa, un petit acarien qui ressemble un peu à une tique qui parasite les abeilles. Il constitue la deuxième cause de mortalité des abeilles dans le monde.

Quelles modifications allez-vous apporter à Escherischia coli pour qu'elle puisse lutter contre ce parasite ?

Notre objectif est de réaliser un piège que nous installerons à l'entrée des ruches pour qu'il attire le varroa dont sont porteuses les abeilles avant qu'elles ne pénètrent à l'intérieur de la ruche.

Et comment comptez-vous l'attirer ?

Dans un premier temps, nous allons intégrer aux cellules de l'Escherischia coli des séquences d'ADN provenant d'autres bactéries qui ont la propriété de produire du butymate, une molécule qui attire le varroa. Par la même méthode, nous allons également rendre la bactérie capable de produire du formate une seconde molécule qui tue le varroa. Toute la subtilité consiste a forcer la bactérie à produire le butymate qui attire les parasites durant la journée, et à produire le formate qui les tue durant la nuit.

À quoi ressemblera votre piège ?

C'est un petit réceptacle en plastique installé sous la ruche. Ce réceptacle contiendra la bactérie modifiée pour produire du butymate et du formate. Il sera relié à l'entrée de la ruche par un petit tuyau qui diffusera l'odeur du butymate. Attiré par cette odeur le varroa quittera les abeilles qui le transportent et n'accédera donc plus à l'intérieur des alvéoles. Il restera dans le piège ou il sera ensuite détruit par le formate.

Où en sont les travaux ?

L'expérimentation est en place. La prochaine étape consistera à intégrer à la bactérie les enzymes producteurs de butymate et de formate, puis de réguler ces fabrications pour que le butymate soit produit le jour et le formate la nuit.

L'équipe 2014 a obtenu la médaille d'or du concours vous participez tous les ans à ce concours ?

Ce concours est effectivement inclus dans la formation des étudiants du laboratoire d'ingénierie des systèmes biologiques et des procédés de l'INSA et des étudiants de l'université Paul-Sabatier qui les rejoignent. L'année dernière nous avons été récompensés pour une bactérie que nous avons modifiée pour transporter du fongicide jusqu'au cœur des platanes atteints du chancre coloré. Pour ce concours 2015 nous sommes en discussion avec la mairie de Toulouse et la région pour boucler le budget.

280 équipes

Le concours iGEM (International Genetically Engineered Machine) est organisé depuis 2004 par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Elle réunit des équipes d'étudiants venant d'universités du monde entier. L'équipe Toulousaine est composée de 11 étudiants de l'INSA de Toulouse et de l'Université Paul Sabatier. Elle participe pour la troisième année consécutive r à la compétition où sont déjà inscrites plus de 280 équipes.

Recueilli par Léa Maarek

Article exclusif
réservé aux abonnés
Voir l’offre Digital

Votre crédit de bienvenue en cours : 20 articles

LECTURE
CONFORT