Toulouse. Aéroport de Toulouse : Bercy confirme la finalisation de la vente

Aéroport de Toulouse : Bercy confirme la finalisation de la vente

Aéroport Toulouse Blagnac – Économie

Le gouvernement a rejeté les rumeurs selon lesquelles la vente de l'aéroport ne serait pas effective./Archive DDM

Le gouvernement a rejeté les rumeurs selon lesquelles la vente de l'aéroport ne serait pas effective./Archive DDM


Le ministère de l'Economie a confirmé la vente de l'aéroport de Blagnac aux Chinois, démentant les affirmations des opposants à la privatisation. Valérie Rabault, députée socialiste du Tarn-et-Garonne, a écrit à Emmanuel Macron pour lui faire part de ses inquiétudes

Le ministère de l'Économie a assuré hier que la vente de l'aéroport de Toulouse-Blagnac à un consortium chinois était bien finalisée, après les affirmations d'opposants selon lesquelles la privatisation n'était toujours pas signée et pouvait donc être remise en cause. «La transaction a eu lieu. On a reçu l'argent. Les fonds ont bien été versés», a déclaré une porte-parole de Bercy.

Citant un article de Mediapart, le Collectif contre la privatisation a affirmé que la cession de 49,99 % d'Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB, société de gestion de la plateforme) n'était toujours «pas signée» et que, en conséquence, elle pouvait être annulée à la suite de la disparition de Mike Poon, le PDG chinois d'une société clef du nouvel actionnariat. M. Poon est accusé de corruption dans son pays, selon la presse hongkongaise. Les autorités françaises ont à plusieurs reprises assuré que cette disparition n'avait aucun impact sur la privatisation partielle, les 49,99 % d'ATB étant cédés à un consortium de sociétés chinoises et non à M. Poon en son nom propre.

Des garanties

Opposée à la cession d'ATB, la députée PS du Tarn-et-Garonne et rapporteur général du Budget, Valérie Rabault, a écrit au ministre de l'Économie Emmanuel Macron, quand elle a appris que Poon avait disparu, afin de réclamer le contrat signé. «J'attends toujours», a ajouté la députée. La porte-parole de Bercy a assuré qu'une réponse serait apportée à Valérie Rabault «très prochainement» (lire l'encadré). Le ministère a par ailleurs réitéré son engagement à ne pas céder les 10,01 % de l'aéroport que l'État détient encore, après la vente des 49,99 %.

«Le gouvernement n'a pas l'intention d'exercer cette option, comme le ministre l'avait dit à l'Assemblée nationale», a indiqué la porte-parole. «Les assurances orales de M. Macron ne suffisent pas», a estimé Mme Rabault.

Le contrat de vente aux Chinois donne la possibilité à l'État de vendre ses 10,01 % restants dans 3 ans. L'État aura alors six mois pour exercer cette option. «Rien ne dit que dans trois ans et six mois, M. Macron sera toujours ministre. Cette clause ne peut pas reposer sur sa seule parole», a jugé Valérie Rabault.

La députée, tout comme les acteurs publics locaux, veut que la gestion de l'aéroport reste majoritairement dans les mains du public, soit en faisant en sorte que l'État garde ses actuels 10,01 %, soit en augmentant les 40,00 % que les actionnaires publics locaux détiennent.

Par ailleurs, le président du directoire d'ATB, Jean-Michel Vernhes, a démenti les affirmations de Mediapart selon lesquelles Casil Europe, holding de droit français qui détient les 49,99 % pour le compte des actionnaires chinois, soit une «société-écran», qui ne dispose que d'un «capital dérisoire de 10 000 euros».

«Casil n'a pas besoin d'un gros capital pour représenter les actionnaires chinois.

D'ailleurs, l'aéroport n'a que 148 000 euros de capitaux. Sommes-nous une société-écran ?», a ironisé M. Vernhes.

Casil Europe est détenue à 51 % par Shandong Hi-Speed Group (SDHS), un conglomérat d'État chinois présent notamment dans la gestion d'infrastructures aéroportuaires et routières, et à 49 % par le fonds d'investissement hongkongais Friedmann Pacific Asset Management (FPAM), dont M. Poon est le PDG.

La lettre de Valérie Rabault

Le 24 juin, Valérie Rabault a adressé une lettre à Emmanuel Macron, à la suite de la démission du PDG de «Symbiose» membre du nouvel actionnariat de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. «L'annonce de cette démission remet-elle en cause l'attribution par l'État des 49,9 % des parts que vous avez mis en vente ? (…) À plusieurs reprises je vous ai demandé d'annuler l'option de vente à Symbiose des 10,1 % restants (…) je considère en effet que cette option fragilise la perspective d'une majorité publique dans le capital de la société de gestion, alors même que des solutions alternatives sont proposées par des acteurs locaux. Aussi je me permets de réitérer ma demande de voir annulée l'option de vente des 10,1 % restants.»

Hier, Valérie Rabault attendait toujours la réponse du ministre de l'économie.

La Dépêche du Midi

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