Thierry Merquiol : «Une première mondiale»

Thierry Merquiol : «Une première mondiale»

Aéroport Toulouse Blagnac

Thierry Merquiol  : «Une première mondiale»

Thierry Merquiol : «Une première mondiale»


Thierry Marquiol est le co-fondateur de la société Wiseed, à l'origine de la levée de fonds privés pour l'aéroport de Toulouse Blagnac.

Que pensez-vous de la démission du PDG chinois du groupe Symbiose ?

C'est le genre d'événements qui font partie de la vie des entreprises, mais ce départ rajoute à la problématique d'une privatisation qui n'a peut-être pas été assez préparée. L' État n'a visiblement pas fait de grosses investigations sur le repreneur chinois et n'était pas très bien renseigné. Mais l'arrivée du groupe Symbiose à Toulouse dépasse largement le strict cadre régional. Il y a des enjeux nationaux et les négociations ont eu lieu au plus haut niveau de l'État. Je dois dire que je suis étonné par la réaction de Jean-Luc Moudenc et d'Anne-Marie Idrac, la présidente du conseil de surveillance de l'aéroport pour qui cette démission est un non-événement. ça me paraît un peu court. Comment imaginer que cela n'est pas de conséquences sur la gouvernance de l'aéroport ?

L'initiative du président du conseil départemental Georges Méric de recourir à un fonds participatif vous a-t-elle surpris ?

J'en suis surtout ravi. J'ai d'ailleurs félicité Georges Méric pour sa démarche et pour sa volonté d'associer les Toulousains, mais aussi bien au-delà, tous ceux qui le souhaiteront, à cette opération. J'y suis d'autant plus sensible qu'en novembre 2014, Wiseed s'est sentie bien seule dans son opération de crowdfunding que nous avons lancée. Personne ne nous a crus quand nous avons dévoilé et dénoncé le pacte d'actionnaires, qui précisait que l'État s'engageait à voter comme le repreneur Symbiose dans les décisions stratégiques. Maintenant, nous sommes prêts à relancer les 10 000 personnes qui avaient répondu favorablement à notre appel. Je suis confiant. Je n'ai qu'à appuyer sur un bouton pour créer la holding qui recueillera les souscriptions.

Le système du fond participatif est-il fiable ?

Bien sûr, nous avons d'ailleurs à notre actif le financement de nombreuses entreprises. Aujourd'hui, nous sommes en discussion avec la métropole de Nice qui doit gérer aussi la privatisation de son aéroport, dans un tout autre contexte. Nous sommes conscients des obstacles à lever pour parvenir à notre but initial : permettre aux particuliers de devenir actionnaire de la société Aéroport de Toulouse Blagnac. Mais le caractère innovant de cette démarche, la pugnacité des acteurs publics locaux qui se rallieront à cette bannière vont modifier la donne initiale pour une première mondiale : la privatisation citoyenne de notre aéroport !

Recueilli par Gilles -R. Souillés

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