Le PDG de Symbiose reste introuvable

Le PDG de Symbiose reste introuvable

Aéroport Toulouse Blagnac

Mike Poon lors de sa venue à Toulouse. Ici, sur les bords de Garonne/Photo DDM. M. Labonne

Mike Poon lors de sa venue à Toulouse. Ici, sur les bords de Garonne/Photo DDM. M. Labonne


Le PDG de Symbiose, le consortium chinois choisi par l'état pour racheter 49,9 % des parts de l'aéroport de Toulouse-Blagnac a subitement démissionné et a disparu. Son nom pourrait être cité dans une enquête pour corruption en Chine.

Depuis vendredi dernier, Mike Poon, a démissionné de la présidence direction générale de la société loueur d'avions China Aircraft Leasing Company (CALC), l'un des plus gros clients d'Airbus en Chine (143 commandes à ce jour) et maison-mère de Casil Europe. Il était aussi à la tête de Casil Europe, la société de droit français qui a été créée par le consortium Symbiose pour racheter 49,9 % des parts de l'état dans le capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. La société avait déboursé 308 M€ pour acquérir les actions de l'état. Par ailleurs, on a également appris que le directeur financier de CALC avait aussi démissionné. Deux départs soudains qui ont fait plonger le cours de Bourse de CALC de 20 % à Shanghaï. L'action a été suspendue depuis jeudi dernier.

Des proches du dossier en Chine assurent que Mike Poon avait disparu depuis plus d'un mois soit aux environs du 19 mai en raison d'une enquête lancée par les autorités chinoises au sujet de présomption de corruption entre CALC et son principal client, la China Southern Airlines. Toutefois, la direction de CALC assure n'avoir trouvé aucune irrégularité dans ses relations avec la compagnie aérienne China Southern Airlines et n'avoir reçu aucune demande de la part des autorités chinoises sur ce sujet.

«Aucune conséquence»

Mike Poon est directement actionnaire de CALC à hauteur de 33 % à travers sa société Friedmann Pacific Asset Management (FPAM). Le gouvernement chinois s'est lancé depuis plusieurs mois dans de vastes opérations anti-corruption à travers tout le pays. Des sources proches de l'aéroport tentaient hier soir de dédramatiser cette démission et cette disparition. «Il n'a pas démissionné de ses mandats dans les sociétés françaises comme Casil, tempère un proche du dossier. Pour l'instant, pour l'aéroport, rien ne change». Pour Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance de l'aéroport qui était hier à Toulouse, la démission de Mike Poon de la société CALC n'a «aucun impact sur la gestion et l'activité de l'aéroport toulousain». «Nous n'avons aucune relation d'affaires avec CALC», a-t-elle tenu à rappeler. Les nouveaux actionnaires sont Shandong Hi-Speed Group et FPAM et la gestion est assurée par le directoire.» De son côté, le collectif contre la privatisation de l'aéroport ce Toulouse-Blagnac n'a pas manqué de réagir dans un communiqué : «Il s'agit d'un événement considérable. Cette nouvelle, si elle est avérée, doit faire réfléchir le gouvernement qui ne nous a toujours pas communiqué le pacte d'actionnaire qui lie l'État avec Casil Europe, ni le projet industriel pour l'aéroport. Les suspicions de corruption doivent amener le gouvernement à les publier et à renoncer à la vente, sans attendre le recours au conseil d'État que nous avons déposé».

La personnalité morale préservée

Le conseil de surveillance d'Aéroport de Toulouse Blagnac est composé de quinze membres dont six sont des représentants de Casil Europe en partie détenu par Friedman Pacific Asset Management (FPAM) la société créée par Mike Poon. Pour le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc «la démission de Mike Poon, en toute logique, ne doit pas avoir d'incidence sur la participation du consortium chinois qui reste une personnalité morale, dans le capital de l'aéroport». La métropole tout comme les autres collectivités (Région et Conseil départemental) détiennent 5 % du capital de la société d'exploitation. Pour Casil Europe, tête de pont des Chinois sur le Vieux continent, cette démission et cette disparition pourrait ralentir le plan de développement de la société en matière d'investissement dans les infrastructures européennes.

Gil Bousquet

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