Airbus : une cible privilégiée

Airbus : une cible privilégiée

International – Focus

La guerre Airbus – Boeing au cœur de l'espionnage./ D.R.

La guerre Airbus – Boeing au cœur de l'espionnage./ D.R.


Airbus est-il espionné ? «Tous les jours nous déjouons des tentatives d'intrusion dans nos systèmes informatiques» confie un spécialiste de la sécurité de l'avionneur à Blagnac. Mais la NSA n'est pas la seule à chercher des informations sur le leader mondial de l'aéronautique civile. Toutes les grandes puissances comme la Russie ou la Chine sont aussi intéressées. Toutefois, l'agence américaine est l'une des plus efficace et chez Airbus des formations à la sécurité sont régulièrement dispensées aux cadres ayant un niveau d'information important. «Je n'envoie jamais d'information confidentielle au sujet de notre appareil industriel par exemple à Fabrice (NDLR : Brégier, le PDG d'Airbus) avec mon téléphone portable. Je privilégie notre réseau interne ou encore mieux le face-à-face» confie un cadre dirigeant de l'avionneur à Blagnac.

Par les révélations d'Edward Snowden, on a par ailleurs appris qu'Airbus a vu lui passer sous le nez un important contrat avec la compagnie aérienne Saudi Arabian Airlines en 1994 au profit de son rival Boeing. Le lanceur d'alerte a révélé que les conversations téléphoniques entre le Premier ministre de l'époque, Édouard Balladur, et les cadres dirigeants d'Airbus avaient été espionnées. Mais Boeing n'est pas directement informé du résultat de telles écoutes. Certains experts en sécurité estiment en revanche que la firme de Seattle peut être mise au courant via le Département du commerce au sein duquel une section spéciale de la CIA est implantée et est chargée de se servir de ces informations pour aider les entreprises américaines à remporter des contrats. «Il y a fort à parier qu'Airbus fait la même chose» nuance toutefois un ancien des renseignements français.

La Dépêche du Midi